3 questions à Moustapha Ben Barka, Vice-Président de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD)

Dans cette interview accordée à AfrikaDurable, Moustapha Ben Barka, Vice-Président de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), décline, entre autres, les grandes lignes de la politique RSE de cette institution multilatérale.

1. Lors de la dernière réunion de son Conseil d’Administration, la BOAD a décidé de mettre en place au sein de cette instance de décision, un Comité RSE. Comment se structure la politique RSE de la BOAD et dans quel cadre s’inscrit la création dudit Comité ?

La politique RSE de la BOAD se structure autour des cinq piliers que sont : la gouvernance, les enjeux liés aux territoires et aux droits de l’homme, l’environnement, le respect des clients et partenaires et le développement du capital humain. Ces piliers sont déclinés en onze (11) axes de progrès comprenant chacun, des actions à développer aussi bien en interne que dans les projets externes menés auprès des populations.

Au niveau de la Gouvernance interne, la politique RSE est mise en œuvre avec l’engagement et une forte implication de la Haute direction de la Banque. A cet effet, le Comité RSE que j’ai l’honneur de présider, a pour mission de superviser la mise en œuvre des projets RSE de la Banque.

Par ailleurs, en créant en son sein lors de sa session de juin 2020 un Comité RSE, le Conseil d’Administration de la Banque, considère que la RSE est une composante essentielle de la gouvernance. A ce titre, elle doit être prise en compte dans le plan stratégique de l’Institution, de manière transversale aux principaux axes stratégiques retenus pour les cinq prochaines années. Cette vision élargit les responsabilités des Administrateurs et ajoute une nouvelle dimension à leur mission.

2. De quelle manière la composante RSE est-elle intégrée dans les mécanismes de financement de la BOAD ?

En tant que composante essentielle de son activité, la Banque a inscrit la prise en compte de la RSE au cœur de ses opérations de financement de projets. Elle met particulièrement l’accent sur les aspects environnementaux et sociaux. A ce titre, nous avons à travers l’un des projets de notre stratégie RSE, mis en place un système de management environnemental des projets permettant de mesurer l’impact sur l’environnement des projets financés par la BOAD, ainsi que la réduction de l’empreinte carbone de ces projets. Il faut également noter que la Banque entend procéder à la création de solutions de financements innovantes et inclusives par une offre de conseils. Il s’agit non seulement d’amplifier les effets bénéfiques de ses actions dans un monde de ressources financières limitées, mais aussi, sur le plan de la finance inclusive, de soutenir des financements complémentaires aux siens, notamment pour les acteurs du micro-crédit, permettant d’accroitre l’impact d’un projet donné du fait de son extension à des investissements supplémentaires visant le développement des activités génératrices de revenus.

3. Comment s’est déclinée la réponse de la BOAD face à la crise du Coronavirus ?

Face à la crise du Coronavirus, le Conseil d’Administration de la Banque a autorisé, dès la fin du mois de mars 2020, un appui de 200 milliards FCFA sous la forme de prêts bonifiés pour soutenir les plans de riposte des pays membres de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) dans le cadre de la lutte contre la COVID-19, et la prise en charge des mesures urgentes pour faire face à la pandémie. Cette action a été possible avec l’appui de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et de la Commission de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) qui ont mis à sa disposition des ressources de bonification d’un montant de 40 milliards FCFA. Parallèlement à cet appui, la Banque a également apporté un montant de 100 milliards FCFA au profit du secteur privé sous forme de lignes de refinancement à travers les banques commerciales pour soutenir les PME/PMI, les Micros, Petites et Moyennes Entreprises (MPME), les Systèmes de Financement Décentralisés (SFD) et les fonds de finance inclusive.

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