Source: SMB

3 questions à Maguette MBOW, Président-Fondateur de l’AFRIQUE C’EST CHIC WORLD

Dans cette interview, Maguette MBOW, Président-Fondateur de l’AFRIQUE C’EST CHIC WORLD, présente, entre autres,  l’énorme potentiel des industries créatives et culturelles du continent africain.

1. Quels sont les objectifs de l’AFRIQUE C’EST CHIC WORLD ?

L'AFRIQUE C'EST CHIC WORLD (LA2CW) est  une agence panafricaine de Branding 360°, dotée d’une plateforme digitale de promotion des industries créatives et culturelles en Afrique dans les 9 secteurs suivants : technologies de pointe, tourisme, mode, sports, arts, design, gastronomie, petite enfance, mixologie, en faveur du développement durable en Afrique.

Le pari de L'AFRIQUE C'EST CHIC WORLD c’est de promouvoir, à l’aide du digital, le potentiel humain, économique et social inexploité des industries culturelles et créatives. Il s’agit de développer des « industries 5.0 » dans lesquelles la digitalisation est présente à chaque niveau de la chaîne :

  • digitalisation des procédés, outils et méthodes (fabrication, réception des commandes, livraison) ;
  • digitalisation de la relation client (personnalisation des produits, suivi de livraison) ;
  • digitalisation des produits industriels
  • digitalisation des données dans l’écosystème industriel (outils analytiques, services de Cloud)

L’expertise de L'AFRIQUE C'EST CHIC WORLD est basée sur une riche expérience de plus de 25 ans dans les domaines de l’innovation numérique et la transformation digitale des entreprises institutions publiques et privées. Avant de fonder L'AFRIQUE C'EST CHIC WORLD, j’ai travaillé pendant une vingtaine d’années en tant que directeur du département digital et de la stratégie numérique pour les plus grandes multinationales européennes (Les Groupes PEUGEOT, FRANCE AGRICOLE, ARC HOLDINGS, SQLI, Proximity BBDO, KOMPASS…). Mon ambition est de mettre cette expérience au service de mon continent et de l’aider à tirer parti de son potentiel et reprendre la place qu’il mérite sur l’échiquier économique mondial.

Dans une économie numérique, la valeur immatérielle détermine de plus en plus la valeur matérielle, les consommateurs recherchant des "expériences" nouvelles et enrichissantes. La capacité de créer des expériences sociales et de réseautage est désormais un facteur de compétitivité. J’ai compris cela, et c’est pour cette raison que nous avons intégré l’événementiel dans notre offre. Au cours des 4 dernières années, L'AFRIQUE C'EST CHIC WORLD a réalisé plus de 100 productions d’événements et fédéré une communauté de plus de 100 000 abonnés. En 2018, L'AFRIQUE C'EST CHIC WORLD a organisé un festival international des cultures africaines à Dakar dans le but de mettre en valeur et en relation les acteurs publics et privés du secteur culturel et créatif.  A travers le véhicule événementiel,  L'AFRIQUE C'EST CHIC WORLD, favorise les rencontres entre les acteurs de la chaine de valeur de ces industries créatives culturelles (ICC) et les opportunités d'investissement dans ces secteurs d’activité générateurs de développement humain, d'industrialisation cellulaire et de création d'entreprises et d’emplois.

 

2. Comment transformer le potentiel culturel africain en opportunités d’emplois ?

Les industries créatives et culturelles sont un moteur de la croissance économique. Si l’Afrique veut réussir son entrée dans l’ère industrielle et parvenir au vrai « made in Africa » c’est par les industries créatives qu’elle a la plus-value et plus d’avantages différentielles. L’Afrique pourra bénéficier du développement rapide des nouvelles technologies et de l'innovation pour déployer ces industries basées sur le savoir-faire local et communautaire. Ces industries se distinguent d’autres secteurs industriels par leur capacité à imaginer, créer et innover tout en restant connectés au patrimoine traditionnel. Elles constituent un accélérateur de l'innovation et un catalyseur de la transformation économique. De l’industrie de la mode et textile à l’architecture en passant par le cinéma, l'art, les arts culinaires, le design, le cinéma, les arts de la scène, la musique, la télévision et la radio, transformation des fruits locaux, les jeux et jouets traditionnels, etc... Les industries créatives et leurs chaines de valeur regorgent d’opportunités pour l’entrepreneuriat et l’emploi des milliers des jeunes aux chômage et pour la croissance économique en Afrique.

Le potentiel entrepreneurial est énorme dans ce secteur car les ICC trouvent leur origine dans la créativité, les compétences et les talents individuels.  La création est souvent portée par de petites et moyennes entreprises contrairement aux autres secteurs industriels. Cela permet plus de dynamisme, d’innovation et d’inclusion.  Par conséquent, les ICC favorisent notamment l’emploi des jeunes et des femmes.

A titre d’illustration, selon l’Unesco, en termes de revenus et d’emplois en 2018, les ICC ont généré plus de 2 250 milliards de dollars de revenus et 29,5 millions d’emplois en 2018 dans le monde.

 

3 . Quelle lecture faites-vous de l’innovation africaine sous le prisme de la pandémie du coronavirus ?

Contrairement au pessimisme exprimé à travers les médias, le COVID19 est une opportunité pour l’Afrique et pour les start-up africaines qui ont l’opportunité de se réinventer et d’améliorer leurs capacités d’innovation pour apporter les solutions à la pandémie et à ses conséquences.

Dans la riposte contre le COVID19, plusieurs solutions sont proposées par les acteurs locaux. Au Sénégal par exemple, l’Institut Pasteur a mis en place un test bon marché qui permet de tester massivement et de prendre en charge rapidement les malades, ce qui est une étape importante dans la lutte contre la pandémie. Des chercheurs de l’École polytechnique de Thiès ont créé un respirateur artificiel à moins de  60 $.

Partout sur le continent, des innovations s’expriment et ce n’est que de bon augure.

Au Rwanda et au Nigeria, des drones gèrent déjà pour la livraison rapide d’équipements médicaux pour les cliniques, les hôpitaux, les laboratoires et les établissements de santé à travers les territoires nationaux.  En Tunisie, une entreprise fabrique des écrans faciaux, des lunettes de protection et des valves pour les hôpitaux en utilisant les imprimantes 3D. C’est sans compter les solutions communautaires pour la fabrication de masques en tissus.

En définitive, la question fondamentale qui se pose aux africains dans ce contexte de crise sanitaire internationale est de savoir comment créer ou (re)localiser sa chaine de valeur et créer ses emplois manufacturiers, industriels, multisectoriels sur le continent grâce à l’innovation dans la technologie, la production et les services.

Pour exemple, dans des domaines bien précis du design africain, sont en train d’émerger très récemment de nouvelles plateformes collaboratives, collectives, participatives d’échange au sein desquelles, créateurs, designers peuvent présenter enrichir leurs modèles et valoriser leurs métiers et savoir-faire auprès d’une plus large audience et clientèle internationales…

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